le crépitement des mitrailleuses d’avions en vol, la multitude pour- suivait sa marche precipitée, sa route de désespoir et d’angoisse infinies. Le but qu’ils poursui- vaient étais encore lointain: il n’y avait aucun moyen de l’abréger. Soudain —c’était dans la jour- née du 10 Février—, on vit un ca- mion ambulance, peint en gris, s'efforcer de s’ouvrir passage en sens contraire du cours du torrent humain. A droite et à gauche de la route, des centaines de blessés, d’enfants qui appelaient en vain leurs parents, de femmes défaillan- les, les pieds affreusement enflés et ensanglantés, par la longue route, tous tourmentés par la faim et la soif, tombaient exténués. Le camion sanitaire portait sur les côtés l’ins- cription suivante: «Service permanent de transfusion du sang». Sur les sièges avant se trouvaient trois hommes: le médecin canadien Dr. Nor- man Bethune, son aide, Hazen Sise et le chauffeur, également cana- dien. Ces trois hommes furentd les premiers à venir à l’aide des mala- des, des enfants, des femmes, des blessés, qui s’étaient enfuis de Malaga et des villages se trouvant sur le parcours, poussés par la te- rreur de la domination fasciste. Trois héros trois figures magnifiques de la solidarité humaine. Pendant sept jours, ces hommes affrontèrent des dangers de toutes sortes, souffrirent de la faim et de la soif, et sau- vèrent d’une mort certaine des centaines de femmes et d’enfants qu’ils transportèrent, dans leur embulance, des lignes fascistes à Al- meria. Les noms du Dr. Norman Bethune et de ses collaborateurs, dans cette oeuvre inégalable d’abnégation et de sacrifice, méritent Aidant les évader à monter dans la voiture- ambulance